Aller au contenu

Distillerie Iron — Montauban

Boutique sur place du lundi au vendredi, 9 h – 17 hBoutique sur place, lun.–ven. 9 h – 17 h

Voir la gamme

BièresMon comptePanier (0)

4905 route de Saint-Nauphary, 82000 Montauban
Boutique sur place : lun.–ven. 9 h – 17 h

Fig. 1 — Vue de face

01 CUVE 620 L 02 CHEMINÉE 03 OIGNON 04 COL DE CYGNE 05 COLONNE 06 DÉPHLEGMATEUR 07 PANIERS À ÉPICES 08 CONDENSEUR 09 MIREUR, ALCOOMÈTRE 10 CUVE 11 RETOURS 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11

Distillerie Iron — l’alambic

Un alambic conçu et construit à l’atelier, des plans aux soudures. Voici ce qui s’y passe, de la cuve au mireur : la physique de la distillation, étape par étape.

Shai-Hulud,plateau par plateau.

Désignation
Alambic n° 1 « Shai-Hulud »
Auteur
David Garrigues
Construction
Atelier Iron, des plans aux soudures
Mise en service
Août 2024
Échelle
Schéma de principe
Feuille
01/01

01L’alambicShai-Hulud

Pièce par pièce.

Conçu et construit à l’atelier, des plans aux soudures. Les pièces sont écartées le long de leurs axes de montage : les traits mixtes montrent comment elles s’assemblent.

Fig. 2 — Vue éclatée

Échelle : schéma de principe

Vue éclatée de l’alambic Shai-Hulud Les pièces de l’alambic, écartées le long de leurs axes de montage et numérotées de 01 à 15 : la cuve, la cheminée, l’oignon en cuivre, le té d’aiguillage, le col de cygne, la descente vers le pied de colonne, le pied, la colonne de onze étages à hublot, le déphlegmateur, les tés de tête et le col vers le condenseur, les deux paniers à épices, le condenseur, le mireur et l’alcoomètre, la cuve de réception et les retours des condensats vers la cuve.
Nomenclature15 repères
Rep.DésignationFonction
01Cuve620 L, ronde à fond plat, toit légèrement bombé : elle contient et chauffe la charge.
02CheminéeConduit les vapeurs de la cuve à l’oignon ; Ø 600 → 100 mm.
03OignonEn cuivre, Ø 400 mm : la vapeur y rencontre le cuivre.
04Té d’aiguillageEnvoie la vapeur vers le col de cygne ou vers le pied de la colonne.
05Col de cygneMonte droit, puis rejoint la tête de colonne à l’horizontale : la voie directe.
06DescenteRamène la vapeur au pied de la colonne, pour la rectification.
07Pied de colonneReçoit la vapeur et renvoie les condensats vers la cuve.
08ColonneOnze étages en cuivre, un hublot chacun : la rectification.
09DéphlegmateurRecondense au besoin une partie des vapeurs : le reflux.
10Tés de têteReçoivent le col de cygne ; envoient la vapeur par les paniers ou directement au condenseur.
11Paniers à épicesDeux paniers à hublot : la vapeur y traverse les plantes.
12CondenseurRefroidit la vapeur, qui redevient liquide ; ≈ 300 × Ø 80 mm.
13Mireur et alcoomètreVoir couler le distillat, en lire le degré.
14Cuve de réceptionRecueille le distillat, coupe par coupe.
15Retours des condensatsDu pied de la colonne et du bas des paniers vers le bas de la cuve.

Fiche techniqueAlambic n° 1

Nom
Shai-Hulud
Auteur
David Garrigues
Construction
Conçu et construit à l’atelier : plans, découpes, soudures inox, brasures cuivre, châssis, tableau électrique, réseaux
Mise en service
Août 2024
Cuve
620 L
Colonne
11 plateaux en cuivre, un hublot chacun
Chemins
Colonne pour l’alcool de base ; col de cygne pour la troisième passe, le rhum, la poire et le futur whisky
Paniers
Deux paniers à épices
Reflux
Déphlegmateur en tête ; retour des condensats à la cuve
Condenseur
≈ 300 × Ø 80 mm
Chauffe
Électrique : résistances et vapeur produite à l’électricité, séparément ou ensemble ; modulable au kW près
Régulation
18 régulateurs de température
Mesure
Mireur et alcoomètre en ligne, en sortie
Matériaux
Cuivre (oignon, colonne), inox (le reste)
Distillation
Lente, à petit débit
Passes
Deux pour l’alcool de base, par la colonne ; une troisième avec les plantes, par le col de cygne ; une seule pour le rhum, la poire et le futur whisky

02ProcédéSchéma de procédé

Du brassin au flacon

Comment naît un gin Iron

  1. Étape 01 / 06

    Bière

    Tout part de la bière : des bières passées de leur date de durabilité, que d’autres brasseries nous confient pour la plupart. Elles deviennent notre matière première.

  2. Étape 02 / 06

    Fermentation

    L’alcool est déjà là : les levures ont transformé les sucres du moût pendant la fermentation de la bière. La distillation ne crée pas d’alcool, elle le sépare.

  3. Étape 03 / 06

    Distillation

    Deux distillations lentes, à petit débit, dans la colonne de Shai-Hulud : la bière devient notre alcool de base. À chaque passage, on écarte les têtes et on garde le cœur ; les queues repassent dans la chauffe suivante.

    Fig. 03 — Shai-Hulud, schéma de principe
    01 CUVE 620 L 02 CHEMINÉE 03 OIGNON 04 COL DE CYGNE 05 COLONNE 06 DÉPHLEGMATEUR 07 PANIERS À ÉPICES 08 CONDENSEUR 09 MIREUR, ALCOOMÈTRE 10 CUVE 11 RETOURS 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11
  4. Étape 04 / 06

    Alcool de base

    Un alcool de base que nous distillons nous-mêmes, quand la plupart des distilleries achètent un alcool neutre tout prêt. C’est la base de nos gins, de notre absinthe, de notre pastis et de nos liqueurs.

  5. Étape 05 / 06

    Botaniques

    Troisième distillation, par le col de cygne : l’alcool de base repasse à l’alambic avec le genièvre et les plantes de chaque recette, en macération dans la cuve ou dans les paniers à épices. Dans tous nos gins, le genièvre reste prépondérant.

  6. Étape 06 / 06

    Mise en bouteille

    Mise en bouteille en 50 cl, à Montauban. Un flacon cylindrique, épaules arrondies, bouchon noir.

Les coupes

Trois fractions, une seule gardée. On passe de l’une à l’autre au nez et au goût : c’est la coupe.

Choisir une coupe

  • Têtes — écartéesLes premières vapeurs de la chauffe. Elles concentrent les composés les plus volatils, comme l’acétaldéhyde et l’acétate d’éthyle, à l’odeur de dissolvant. Nous en fixons le volume d’avance selon la charge, et nous les écartons.
  • Cœur de chauffe — conservéLa fraction centrale, la plus propre et la plus aromatique : la seule que l’on garde.
  • Queues — repasséesLes dernières vapeurs de la chauffe. Elles portent les composés les moins volatils : les alcools supérieurs, dits « huiles de fusel », et des composés plus lourds, qui alourdiraient le distillat. Encore chargées d’alcool, elles repassent dans la chauffe suivante.

03DistillationPhysique de l’alambic

Ce qui se passe dans l’alambic.

Distiller ne crée pas d’alcool : il est déjà dans le brassin, fait par les levures. La distillation le sépare de l’eau et du reste, en jouant sur une seule propriété : tous les corps ne s’évaporent pas à la même température.

  1. Séparer par la vapeur

    À la pression atmosphérique, l’éthanol bout à 78,4 °C et l’eau à 100 °C. Un mélange des deux bout entre ces deux températures, et la vapeur qui s’en échappe est plus riche en alcool que le liquide qui la produit : un brassin à 7 % vol bout vers 95 °C et sa première vapeur titre un peu plus de 40 % vol. Recondensée, cette vapeur donne un liquide plus fort ; distillé à son tour, il donne une vapeur plus forte encore. Toute la distillation tient dans cet écart.

    Fig. 3 — Équilibre liquide–vapeur eau–éthanol, à pression atmosphérique

    Équilibre liquide–vapeur de l’eau et de l’éthanol à pression atmosphérique Température d’ébullition, de 78 à 100 °C, selon la part d’éthanol. La courbe de la vapeur est toujours au-dessus et à droite de celle du liquide : la vapeur est plus riche en alcool. Un escalier part d’un brassin à 7 % vol, qui bout vers 95 °C : chaque marche est une distillation, les marches rapetissent et les deux courbes se rejoignent à l’azéotrope, vers 97 % vol et 78,2 °C, sans que l’escalier l’atteigne.
    Trait plein : le liquide qui bout. Tirets : la vapeur qui s’en dégage, toujours plus riche en alcool. Escalier : chaque marche est une distillation, soit un plateau théorique. A : un brassin à 7 % vol bout vers 95 °C. B : l’azéotrope, 95,6 % d’éthanol en masse (environ 97 % vol), 78,2 °C ; les deux courbes s’y touchent et l’escalier ne l’atteint jamais. Données : eau–éthanol à 1 atm (Perry’s Chemical Engineers’ Handbook).
  2. Première distillation : épuiser la bière

    Notre alcool de base part de bières passées de leur date de durabilité, que d’autres brasseries nous confient pour la plupart. La première passe, déjà par la colonne, les vide de leur alcool sans chercher la pureté. Au fil de la chauffe, le liquide de la cuve s’appauvrit, sa température monte vers 100 °C et le distillat qui coule faiblit. On arrête quand il ne reste presque plus d’alcool à tirer. Ce premier distillat est bien plus fort que la bière, mais il garde de l’eau et une partie de ses arômes : il attend la deuxième passe.

  3. Deuxième distillation : la rectification

    Pour aller plus loin, la vapeur passe par la colonne : onze étages de cuivre, un hublot chacun. Sur chaque plateau, la vapeur qui monte traverse le liquide qui redescend ; les deux échangent jusqu’à l’équilibre, la vapeur repart plus riche en alcool, le liquide redescend chargé d’eau. Chaque plateau refait, en petit, une distillation : c’est la rectification. En tête, le déphlegmateur recondense une partie des vapeurs et la renvoie sur les plateaux : c’est le reflux. Plus on en renvoie, plus l’alcool sort pur, et plus il sort lentement. Les condensats qui atteignent le pied de la colonne retournent au bas de la cuve.

    Fig. 4 — La colonne : onze étages

    La colonne de rectification : onze plateaux La vapeur de la cuve entre au pied de la colonne et monte à travers onze plateaux couverts de liquide, chacun avec son hublot. Sur chaque plateau, elle s’enrichit en alcool ; le liquide, chargé d’eau, redescend d’un plateau à l’autre par les trop-pleins. En tête, le déphlegmateur recondense une partie de la vapeur et la renvoie sur les plateaux : c’est le reflux. Le reste part vers le condenseur. Les condensats qui atteignent le pied retournent à la cuve.
    Schéma de principe, non coté. La vapeur monte en traversant le liquide de chaque plateau ; le liquide redescend par les trop-pleins. Un plateau réel fait un peu moins qu’une distillation complète : on parle de plateau théorique.
  4. L’azéotrope, le mur des 97 %

    La rectification a une limite. À 95,6 % d’éthanol en masse, soit environ 97 % vol, l’eau et l’alcool forment un azéotrope : un mélange dont la vapeur a exactement la composition du liquide. Il bout à 78,2 °C, un peu en dessous de l’éthanol pur. À ce point, distiller ne sépare plus rien, quel que soit le nombre de plateaux : aucune colonne à pression atmosphérique ne dépasse ce titre, et l’alcool absolu s’obtient autrement, par déshydratation. Plus on s’approche du mur, plus chaque point de degré coûte de plateaux et de reflux.

  5. Les coupes : têtes, cœur, queues

    Un brassin ne contient pas que de l’eau et de l’éthanol. Les composés les plus volatils, comme l’acétaldéhyde et l’acétate d’éthyle, sortent en premier : ce sont les têtes. Les moins volatils, les alcools supérieurs (les « huiles de fusel ») et les composés lourds, arrivent surtout en fin de chauffe : ce sont les queues. Entre les deux coule le cœur, la seule fraction que l’on garde. Nous coupons au nez et au goût, au mireur, avec un volume de têtes fixé d’avance selon la charge ; l’alcoomètre en ligne donne le degré à chaque instant. Les têtes sont écartées ; les queues, encore chargées d’alcool, repassent dans la chauffe suivante. Le méthanol, contrairement à une idée reçue, ne se concentre pas seulement dans les têtes ; un brassin de céréales en contient d’ailleurs très peu : il vient surtout des pectines des fruits.

    Fig. 5 — Points d’ébullition des corps purs

    Points d’ébullition à pression atmosphérique Acétaldéhyde 20,2 °C ; méthanol 64,7 °C ; acétate d’éthyle 77,1 °C ; azéotrope eau–éthanol 78,2 °C ; éthanol 78,4 °C ; propanol 97,2 °C ; eau 100 °C ; isobutanol 108 °C ; alcool isoamylique 131,1 °C.
    Corps purs, à pression atmosphérique. En terracotta, des composés des têtes ; en gris, les alcools supérieurs, qui finissent surtout dans les queues. Dans un mélange, c’est la volatilité relative qui décide de l’ordre de sortie, pas le seul point d’ébullition.
  6. La repasse

    Repasser, c’est remettre à l’alambic un distillat déjà obtenu. Notre alcool de base est une repasse : le distillat de la première chauffe repasse par la colonne. Nos gins, notre absinthe et notre pastis en sont une autre : l’alcool de base repasse une troisième fois, cette fois avec les plantes et par le col de cygne. Et les queues de chaque chauffe repassent dans la suivante.

  7. Troisième distillation : les plantes

    La troisième passe, celle des plantes, prend le col de cygne et non la colonne : sans plateaux pour les retenir, les arômes les plus lourds montent jusqu’au condenseur. Les plantes donnent leurs arômes de deux façons : par macération dans l’alcool, dans la cuve, et dans les deux paniers à épices, que la vapeur traverse avant le condenseur ; l’aiguillage peut aussi l’y envoyer directement. Selon le produit, l’alcool est réduit ou non avant cette passe. Les condensats qui se forment dans les paniers retournent au bas de la cuve. L’absinthe reçoit ensuite une seconde macération de plantes, qui lui donne sa couleur, sans colorant.

  8. Une seule passe : rhum et poire

    Le rhum, distillé à partir de mélasse fermentée, et l’eau-de-vie de poire, à partir de poires pressées et fermentées, prennent eux aussi le col de cygne, mais pour une seule passe : sans les plateaux, leur distillat reste plus lourd et plus chargé en arômes.

  9. Le cuivre

    L’oignon et la colonne sont en cuivre. Le métal ne fait pas que conduire la chaleur : au contact de la vapeur, il fixe les composés soufrés, qui donneraient au distillat des odeurs d’œuf ou de chou. C’est pour cela que les alambics sont en cuivre depuis des siècles, même quand le reste, comme ici, est en inox.

  10. Conduire la chauffe

    La chauffe est électrique : des résistances dans la cuve et de la vapeur produite à l’électricité, séparément ou ensemble, modulables au kilowatt près ; dix-huit régulateurs tiennent les températures. Nous distillons lentement, à petit débit : la vapeur a le temps d’échanger sur chaque plateau. Dans la cuve, la température suit la richesse du liquide ; en tête de colonne, elle monte quand les queues arrivent.

  11. Après l’alambic

    Le distillat sort bien au-dessus du degré de mise en bouteille. On le réduit, en l’abaissant peu à peu avec de l’eau jusqu’au degré du flacon, puis il repose quelques semaines avant la mise en bouteille.

Les mots de l’alambic : le lexique

04GammeÉchelle 0–70 % vol.

La gamme, au degré près.

Du bitter à l’absinthe, toute la gamme sur une seule règle.

  1. 15 % vol. Capriccio Liqueur
  2. 17 % vol. Sureau Liqueur
  3. 18 % vol. Exotisme de Cassis Liqueur
  4. 18 % vol. Gentiane Liqueur
  5. 18 % vol. Menthe Liqueur
  6. 18 % vol. Salem Liqueur
  7. 20 % vol. Choco-noisette Liqueur
  8. 20 % vol. Framboise & Verveine Liqueur
  9. 24 % vol. Limoncello Verveine Liqueur
  10. 30 % vol. Limoncello & Ginger Liqueur
  11. 40 % vol. Gin Bois & Agrumes Spiritueux
  12. 40 % vol. Gin Fleurs de Sureau Spiritueux
  13. 40 % vol. Gin fleurs et herbier Spiritueux
  14. 40 % vol. Gin Épices et Forêt Spiritueux
  15. 40 % vol. Pastis botanique Spiritueux
  16. 43 % vol. Rhum Flan & Chêne Spiritueux
  17. 46 % vol. Eau-de-vie de Poire Williams Spiritueux
  18. 68 % vol. Absinthe Spiritueux

Degrés indiqués sur les fiches produits.