Distillerie Iron — lexique
Le lexique,mot à mot.
Têtes, cœur, queues, reflux, azéotrope… Les mots de l’alambic, du chai et de l’herbier, tels que nous les employons à la distillerie. Les textes du site y renvoient : un mot souligné d’un trait fin mène à sa définition.
01L’alambicDistillation
Les mots de l’alambic.
Ce que veulent dire les mots de la distillation, tels que nous les employons à la distillerie.
- Alambic
Appareil à distiller : une cuve où l’on chauffe le liquide, un chemin où monte la vapeur, un condenseur où elle redevient liquide. Le nôtre, Shai-Hulud, offre deux chemins à la vapeur : la colonne à plateaux et le col de cygne.
- Alcoomètre
Instrument qui mesure le degré d’un mélange d’eau et d’alcool. Le nôtre est en ligne, en sortie d’alambic : il donne le degré du distillat à chaque instant de la chauffe.
- Azéotrope
Mélange dont la vapeur a exactement la composition du liquide : le distiller ne sépare plus rien. L’eau et l’éthanol en forment un à 95,6 % d’éthanol en masse, soit environ 97 % vol, qui bout à 78,2 °C. C’est le mur qu’aucune colonne ne franchit à la pression atmosphérique ; l’alcool absolu s’obtient autrement, par déshydratation.
- Charge
Le liquide que l’on met dans la cuve pour une chauffe, et son volume. C’est selon la charge que nous fixons d’avance le volume de têtes à écarter.
- Chauffe
Une distillation, du remplissage de la cuve au dernier filet de distillat. Chez nous, la chauffe est électrique : des résistances dans la cuve et de la vapeur produite à l’électricité, séparément ou ensemble ; dix-huit régulateurs en tiennent les températures.
- Cheminée
Le conduit conique qui coiffe la cuve et mène la vapeur jusqu’à l’oignon.
- Cœur
La fraction du milieu de la chauffe, entre les têtes et les queues : la plus propre et la plus aromatique, et la seule que l’on garde. On dit aussi « cœur de chauffe ».
- Col de cygne
Le tube recourbé qui mène la vapeur au condenseur sans passer par les plateaux de la colonne. Le distillat qui en sort est plus lourd et plus chargé en arômes : c’est le chemin de la troisième passe de nos gins, de notre absinthe et de notre pastis, et celui de notre rhum, de notre eau-de-vie de poire et de notre futur whisky, en une seule passe.
Voir aussiColonnePasseEau-de-vie
- Colonne
La tour de plateaux que traverse la vapeur pour s’enrichir en alcool : c’est le chemin des deux passes de notre alcool de base. Celle de Shai-Hulud compte onze plateaux en cuivre, un hublot chacun, et le déphlegmateur en tête.
- Condenseur
Là où la vapeur, refroidie, redevient liquide : c’est à sa sortie que coule le distillat.
- Coupes
Le partage d’une chauffe en trois fractions : les têtes, le cœur, les queues. Nous coupons au nez et au goût, au mireur, avec un volume de têtes fixé d’avance selon la charge ; l’alcoomètre en ligne donne le degré à chaque instant. Les têtes sont écartées, le cœur est gardé, les queues repassent dans la chauffe suivante.
- Cuivre
Le métal des alambics depuis des siècles. Il conduit bien la chaleur, et surtout, au contact de la vapeur, il fixe les composés soufrés, qui donneraient au distillat des odeurs d’œuf ou de chou. Chez nous, l’oignon et la colonne sont en cuivre ; le reste est en inox.
- Cuve
Le réservoir où l’on chauffe la charge ; celle de Shai-Hulud contient 620 litres. Les condensats de la colonne et des paniers y retournent, par le bas.
- Déphlegmateur
Un petit condenseur placé en tête de colonne. Il recondense une partie des vapeurs et la renvoie sur les plateaux : c’est le reflux.
Voir aussiRefluxColonneRectification
- Distillat
Le liquide qui coule à la sortie du condenseur. Il sort bien au-dessus du degré du flacon : on le réduit avant la mise en bouteille.
Voir aussiCondenseurRéductionBrut d’alambic
- Distillation
Séparer les corps d’un mélange en jouant sur leur volatilité : on chauffe, on recueille la vapeur, on la recondense. Distiller ne crée pas d’alcool : il est déjà dans le brassin, fait par les levures ; la distillation le sépare de l’eau et du reste.
- Huiles de fusel
Les alcools supérieurs, plus lourds que l’éthanol : propanol, isobutanol, alcool isoamylique, qui bouillent entre 97 et 131 °C. Ils arrivent surtout en fin de chauffe, dans les queues. Le mot vient de l’allemand Fusel, « mauvais alcool ».
Voir aussiQueuesVolatilité
- Méthanol
Le plus simple des alcools, toxique. Contrairement à une idée reçue, il ne se concentre pas seulement dans les têtes ; un brassin de céréales en contient d’ailleurs très peu : il vient surtout des pectines des fruits.
- Mireur
Un tube de verre fermé, en sortie d’alambic, à travers lequel on regarde couler le distillat. Il ne sert qu’à voir ; le nez, le goût et l’alcoomètre en ligne font le reste.
Voir aussiCoupesAlcoomètre
- Oignon
La pièce de cuivre renflée, au sommet de la cheminée, qui doit son nom à sa forme ; celui de Shai-Hulud mesure 400 mm au plus large. La vapeur y rencontre le cuivre avant de prendre la colonne ou le col de cygne.
Voir aussiCuivreCheminéeCol de cygne
- Panier à épices
Un compartiment à hublot, au sommet de l’alambic, sur le chemin de la vapeur vers le condenseur, où l’on dispose des plantes : la vapeur le traverse et se charge de leurs arômes. Shai-Hulud en a deux ; l’aiguillage fait passer la vapeur par eux ou à côté. Les condensats qui s’y forment retournent au bas de la cuve.
Voir aussiMacérationCol de cygne
- Passe
Un passage à l’alambic. Notre alcool de base en fait deux, par la colonne ; nos gins, notre absinthe et notre pastis une troisième, avec les plantes, par le col de cygne ; le rhum, la poire et le futur whisky une seule, au col de cygne aussi.
Voir aussiRepasseAlcool de baseCol de cygne
- Plateau
Un étage de la colonne. La vapeur qui monte y traverse le liquide qui redescend ; les deux échangent, et la vapeur repart plus riche en alcool : chaque plateau refait, en petit, une distillation. Un plateau qui irait jusqu’à l’équilibre s’appelle un plateau théorique ; un plateau réel fait un peu moins.
Voir aussiColonneRectificationReflux
- Queues
La fin de la chauffe : les composés les moins volatils, alcools supérieurs et composés lourds. En tête de colonne, la température monte quand elles arrivent. Encore chargées d’alcool, nos queues repassent dans la chauffe suivante.
Voir aussiHuiles de fuselCoupesRepasse
- Rectification
La distillation par la colonne : plateau après plateau, la vapeur s’enrichit en alcool et le liquide redescend chargé d’eau. C’est la deuxième passe de notre alcool de base. Elle bute sur l’azéotrope, vers 97 % vol.
- Reflux
La part des vapeurs que le déphlegmateur recondense en tête de colonne et renvoie sur les plateaux. Plus on en renvoie, plus l’alcool sort pur, et plus il sort lentement.
Voir aussiDéphlegmateurRectification
- Repasse
Remettre à l’alambic un distillat déjà obtenu. Notre alcool de base est une repasse ; nos gins, notre absinthe et notre pastis en sont une autre, avec les plantes ; et les queues de chaque chauffe repassent dans la suivante.
- Shai-Hulud
Notre alambic n° 1, conçu et construit à l’atelier par David Garrigues, des plans aux soudures, et mis en service en août 2024. Il porte le nom du ver géant des sables de Dune, le roman de Frank Herbert, et lui ressemble en trois points : le ver craint l’eau, et l’alambic l’écarte de l’alcool ; le ver change une chose commune en la plus précieuse de toutes, l’épice, et l’alambic fait de bières passées de date notre alcool de base ; et tous deux sont imposants.
- Têtes
Le début de la chauffe : les composés les plus volatils, comme l’acétaldéhyde, qui bout à 20 °C, et l’acétate d’éthyle, qui sent le dissolvant. Nous en fixons le volume d’avance selon la charge, et nous les écartons.
- Volatilité
La facilité d’un corps à passer en vapeur. L’éthanol bout à 78,4 °C, l’eau à 100 °C, et leur mélange entre les deux. Dans un mélange, c’est la volatilité relative des composés qui décide de leur ordre de sortie, pas leur seul point d’ébullition.
Voir aussiDistillationTêtesQueues
02Du grain au chaiAvant et après l’alambic
Avant l’alambic, et après.
La matière qu’on y met, ce qui en sort, et ce qu’il devient jusqu’au flacon ou au fût.
- Alcool de base
L’alcool que nous distillons nous-mêmes, quand la plupart des distilleries achètent un alcool neutre tout prêt. Il part de bières passées de leur date de durabilité minimale, et passe deux fois par la colonne. C’est la base de nos gins, de notre absinthe, de notre pastis et de nos liqueurs.
Voir aussiDDMRectificationPasse
- Anéthol
La molécule qui donne leur goût à l’anis vert, au fenouil et à la badiane. Très soluble dans l’alcool, il l’est très peu dans l’eau : c’est lui qui fait le louche de l’absinthe et du pastis.
- Brassin
Pour le brasseur, une fournée de bière. À l’alambic, le liquide fermenté que l’on distille : bière, mélasse ou poires fermentées, moût d’orge. Un brassin à 7 % vol bout vers 95 °C.
Voir aussiFermentationMoûtCharge
- Brut d’alambic
Tel qu’il sort de l’alambic, sans eau ajoutée. Notre futur whisky a été entonné brut d’alambic.
- Chai
Le lieu où les fûts vieillissent, à l’abri. C’est là que notre futur whisky est en élevage.
- DDM
Date de durabilité minimale : le « à consommer de préférence avant » des étiquettes. Ce n’est pas une date limite : passé ce jour, une bière peut perdre de sa fraîcheur, sans danger pour qui la boit. C’est de bières passées de leur DDM que part notre alcool de base.
Voir aussiAlcool de base
- Degré
Le titre alcoométrique volumique : le volume d’alcool pur contenu dans cent volumes du mélange, mesuré à 20 °C. Il s’écrit « % vol. » sur l’étiquette.
Voir aussiAlcoomètreRéduction
- Eau-de-vie
Un spiritueux distillé à partir d’un fruit ou d’un autre produit agricole fermenté, dont il garde les arômes. La nôtre part de poires pressées et fermentées, et prend le col de cygne, en une seule passe.
Voir aussiCol de cygnePasse
- Élevage
Le temps qu’un distillat passe en fût. Le bois lui cède couleur, tanins et arômes ; une part de l’alcool s’évapore à travers les douelles : c’est la « part des anges ».
- Entonnage
La mise en fût. Notre futur whisky a été entonné le 17 mars 2026, brut d’alambic.
Voir aussiFûtBrut d’alambic
- Fermentation
Le travail des levures, qui changent les sucres en alcool et en gaz carbonique. Tout l’alcool que nous distillons vient de là : l’alambic ne fait que le séparer.
Voir aussiLevureMoûtDistillation
- Fût
Un tonneau de bois, ici pour l’élevage. Celui de notre futur whisky est une barrique de chêne américain de 190 litres, qui a d’abord élevé notre imperial chocolate stout. En Europe, un whisky vieillit en fûts de 700 litres au plus.
- Levure
Le champignon microscopique qui fait la fermentation. Pour notre futur whisky, ce sont des levures de bière, celles de notre métier de brasseur, plutôt que les levures de distillerie les plus courantes.
Voir aussiFermentation
- Liqueur
Une boisson spiritueuse sucrée : en Europe, au moins 15 % vol. et, en règle générale, 100 grammes de sucre par litre. Les nôtres sont des macérations, dans notre alcool de base.
Voir aussiMacérationAlcool de base
- Louche
Le trouble blanc opalin qui naît quand on allonge d’eau une absinthe ou un pastis. Dans l’alcool fort, l’anéthol est dissous ; quand le degré baisse, il se sépare en gouttelettes si fines qu’elles diffusent la lumière.
Voir aussiAnéthol
- Macération
Laisser des plantes ou des fruits dans l’alcool, pour qu’il en prenne les arômes. Chez nous, avant la troisième passe, les plantes macèrent dans la cuve ; après la distillation, une seconde macération donne sa couleur à l’absinthe, sans colorant ; nos liqueurs sont des macérations.
Voir aussiPanier à épicesLiqueurPasse
- Malt
Une céréale mise à germer, puis séchée. La germination éveille les enzymes qui, au brassage, changeront l’amidon du grain en sucres. Notre futur whisky est fait d’orge maltée, seule.
Voir aussiMoûtSingle malt
- Mélasse
Le sirop noir qui reste quand on a tiré le sucre cristallisé de la canne. Fermentée, elle fait notre rhum ; le rhum agricole, lui, part du jus de canne frais.
Voir aussiBrassinCol de cygne
- Moût
Le jus sucré obtenu en brassant le malt dans l’eau chaude. Le brasseur y ajoute le houblon ; celui de notre futur whisky est brassé sans houblon : seuls comptent les sucres du malt.
Voir aussiMaltFermentation
- Réduction
Ramener un distillat au degré du flacon en lui ajoutant de l’eau, peu à peu. Chez nous, il repose ensuite quelques semaines avant la mise en bouteille.
Voir aussiDegréDistillatBrut d’alambic
- Single malt
Un whisky d’une seule céréale, l’orge maltée, et d’une seule distillerie. Le nôtre est brassé, fermenté et distillé chez nous.
- Whisky
En Europe, un distillat de céréales, distillé à moins de 94,8 % vol., vieilli au moins trois ans en fûts de bois de 700 litres au plus, et vendu à 40 % vol. au moins. Le nôtre, entonné le 17 mars 2026, n’en portera le nom qu’en mars 2029 au plus tôt.
Voir aussiSingle maltFûtÉlevage
Notre futur whisky
03L’herbierBotanique
Les mots de l’herbier.
Les mots des planches de l’herbier, pour lire une plante comme un botaniste.
- Akène
Un fruit sec, à une seule graine, qui ne s’ouvre pas. Les petits grains de la fraise sont ses vrais fruits, des akènes : la chair rouge est le réceptacle de la fleur, devenu charnu.
Voir aussiDrupe
- Apiacées
La famille de l’anis vert, du fenouil et de la coriandre, qu’on appelait les ombellifères. Ce qu’on nomme leurs graines sont en fait des fruits secs, riches en essences.
- Cabosse
Le fruit du cacaoyer, qui pousse à même le tronc. Il renferme des dizaines de fèves dans une pulpe sucrée ; fermentées, séchées puis torréfiées, elles donnent le cacao.
- Calice
L’ensemble des sépales, la collerette verte qui enveloppe la fleur en bouton. Chez l’hibiscus, il devient charnu et rouge après la floraison : c’est lui que l’on récolte, et lui qui donne la couleur.
Voir aussiInvolucre
- Capitule
Des fleurs minuscules serrées sur un même plateau, qui imitent une seule fleur, comme chez la marguerite. Les absinthes en portent de tout petits, jaunâtres, en longues grappes.
Voir aussiPartie aérienne
- Cyme
Une inflorescence où chaque axe se termine par une fleur et se ramifie sous elle. Le sureau porte ses petites fleurs crème en larges cymes plates.
Voir aussiOmbelle
- Drupe
Un fruit charnu à noyau, comme la cerise. La framboise est un assemblage de minuscules drupes, les drupéoles ; la cerise du caféier en est une aussi, qui renferme deux grains.
Voir aussiAkène
- Galbule
Le « fruit » du genévrier, qu’on appelle baie. Le genévrier est un conifère, et la galbule un petit cône aux écailles soudées et charnues ; il lui faut environ deux ans pour mûrir, du vert au bleu-noir, si bien qu’un même rameau porte des galbules vertes et mûres. Dans tous nos gins, le genièvre reste prépondérant.
Voir aussiPartie aérienne
- Involucre
Une collerette de bractées, de petites feuilles, autour d’une fleur ou d’un fruit. Chez le noisetier, c’est la gaine dentelée qui enveloppe la noisette.
Voir aussiCalice
- Lamiacées
La famille de la menthe, de la mélisse, de l’hysope, de la lavande, du thym, du romarin et du basilic : tiges carrées, feuilles opposées deux à deux, fleurs à deux lèvres, et des glandes à essence qui parfument la plante au moindre froissement.
Voir aussiSommité fleurie
- Ombelle
Une inflorescence en parasol : des rayons partent d’un même point et portent chacun une fleur, ou une petite ombelle. C’est la fleur des apiacées.
- Opercule
Un couvercle. Le bouton de l’eucalyptus en porte un, fait de pièces de la fleur soudées, qui tombe à la floraison et libère les étamines : eucalyptus veut dire « bien couvert », en grec.
Voir aussiCalice
- Partie aérienne
Tout ce qui pousse hors de terre : tiges, feuilles et fleurs. La grande et la petite absinthe s’emploient ainsi.
Voir aussiSommité fleurieCapitule
- Rhizome
Une tige souterraine, qui court à l’horizontale et fait des racines. Ce que l’on appelle racine de gingembre ou de curcuma est un rhizome.
Voir aussiPartie aérienne
- Sommité fleurie
L’extrémité d’une tige en fleurs, avec ses fleurs et ses dernières feuilles. C’est la partie de l’hysope que nous employons.
Voir aussiPartie aérienneLamiacées
- Zeste
La couche colorée de l’écorce des agrumes, où se logent les huiles essentielles : elles perlent quand on la plie. Dessous, la partie blanche, le ziste, est amère.