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Distillerie Iron — Montauban

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4905 route de Saint-Nauphary, 82000 Montauban
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Distillerie Iron — lexique

Le lexique,mot à mot.

Têtes, cœur, queues, reflux, azéotrope… Les mots de l’alambic, du chai et de l’herbier, tels que nous les employons à la distillerie. Les textes du site y renvoient : un mot souligné d’un trait fin mène à sa définition.

01L’alambicDistillation

Les mots de l’alambic.

Ce que veulent dire les mots de la distillation, tels que nous les employons à la distillerie.

Alambic

Appareil à distiller : une cuve où l’on chauffe le liquide, un chemin où monte la vapeur, un condenseur où elle redevient liquide. Le nôtre, Shai-Hulud, offre deux chemins à la vapeur : la colonne à plateaux et le col de cygne.

Alcoomètre

Instrument qui mesure le degré d’un mélange d’eau et d’alcool. Le nôtre est en ligne, en sortie d’alambic : il donne le degré du distillat à chaque instant de la chauffe.

Azéotrope

Mélange dont la vapeur a exactement la composition du liquide : le distiller ne sépare plus rien. L’eau et l’éthanol en forment un à 95,6 % d’éthanol en masse, soit environ 97 % vol, qui bout à 78,2 °C. C’est le mur qu’aucune colonne ne franchit à la pression atmosphérique ; l’alcool absolu s’obtient autrement, par déshydratation.

Charge

Le liquide que l’on met dans la cuve pour une chauffe, et son volume. C’est selon la charge que nous fixons d’avance le volume de têtes à écarter.

Voir aussiChauffeTêtes

Chauffe

Une distillation, du remplissage de la cuve au dernier filet de distillat. Chez nous, la chauffe est électrique : des résistances dans la cuve et de la vapeur produite à l’électricité, séparément ou ensemble ; dix-huit régulateurs en tiennent les températures.

Cheminée

Le conduit conique qui coiffe la cuve et mène la vapeur jusqu’à l’oignon.

Voir aussiCuveOignon

Cœur

La fraction du milieu de la chauffe, entre les têtes et les queues : la plus propre et la plus aromatique, et la seule que l’on garde. On dit aussi « cœur de chauffe ».

Col de cygne

Le tube recourbé qui mène la vapeur au condenseur sans passer par les plateaux de la colonne. Le distillat qui en sort est plus lourd et plus chargé en arômes : c’est le chemin de la troisième passe de nos gins, de notre absinthe et de notre pastis, et celui de notre rhum, de notre eau-de-vie de poire et de notre futur whisky, en une seule passe.

Colonne

La tour de plateaux que traverse la vapeur pour s’enrichir en alcool : c’est le chemin des deux passes de notre alcool de base. Celle de Shai-Hulud compte onze plateaux en cuivre, un hublot chacun, et le déphlegmateur en tête.

Condenseur

Là où la vapeur, refroidie, redevient liquide : c’est à sa sortie que coule le distillat.

Voir aussiDistillatMireur

Coupes

Le partage d’une chauffe en trois fractions : les têtes, le cœur, les queues. Nous coupons au nez et au goût, au mireur, avec un volume de têtes fixé d’avance selon la charge ; l’alcoomètre en ligne donne le degré à chaque instant. Les têtes sont écartées, le cœur est gardé, les queues repassent dans la chauffe suivante.

Cuivre

Le métal des alambics depuis des siècles. Il conduit bien la chaleur, et surtout, au contact de la vapeur, il fixe les composés soufrés, qui donneraient au distillat des odeurs d’œuf ou de chou. Chez nous, l’oignon et la colonne sont en cuivre ; le reste est en inox.

Voir aussiOignonColonne

Cuve

Le réservoir où l’on chauffe la charge ; celle de Shai-Hulud contient 620 litres. Les condensats de la colonne et des paniers y retournent, par le bas.

Déphlegmateur

Un petit condenseur placé en tête de colonne. Il recondense une partie des vapeurs et la renvoie sur les plateaux : c’est le reflux.

Distillat

Le liquide qui coule à la sortie du condenseur. Il sort bien au-dessus du degré du flacon : on le réduit avant la mise en bouteille.

Distillation

Séparer les corps d’un mélange en jouant sur leur volatilité : on chauffe, on recueille la vapeur, on la recondense. Distiller ne crée pas d’alcool : il est déjà dans le brassin, fait par les levures ; la distillation le sépare de l’eau et du reste.

Huiles de fusel

Les alcools supérieurs, plus lourds que l’éthanol : propanol, isobutanol, alcool isoamylique, qui bouillent entre 97 et 131 °C. Ils arrivent surtout en fin de chauffe, dans les queues. Le mot vient de l’allemand Fusel, « mauvais alcool ».

Méthanol

Le plus simple des alcools, toxique. Contrairement à une idée reçue, il ne se concentre pas seulement dans les têtes ; un brassin de céréales en contient d’ailleurs très peu : il vient surtout des pectines des fruits.

Voir aussiTêtesCoupes

Mireur

Un tube de verre fermé, en sortie d’alambic, à travers lequel on regarde couler le distillat. Il ne sert qu’à voir ; le nez, le goût et l’alcoomètre en ligne font le reste.

Oignon

La pièce de cuivre renflée, au sommet de la cheminée, qui doit son nom à sa forme ; celui de Shai-Hulud mesure 400 mm au plus large. La vapeur y rencontre le cuivre avant de prendre la colonne ou le col de cygne.

Panier à épices

Un compartiment à hublot, au sommet de l’alambic, sur le chemin de la vapeur vers le condenseur, où l’on dispose des plantes : la vapeur le traverse et se charge de leurs arômes. Shai-Hulud en a deux ; l’aiguillage fait passer la vapeur par eux ou à côté. Les condensats qui s’y forment retournent au bas de la cuve.

Passe

Un passage à l’alambic. Notre alcool de base en fait deux, par la colonne ; nos gins, notre absinthe et notre pastis une troisième, avec les plantes, par le col de cygne ; le rhum, la poire et le futur whisky une seule, au col de cygne aussi.

Plateau

Un étage de la colonne. La vapeur qui monte y traverse le liquide qui redescend ; les deux échangent, et la vapeur repart plus riche en alcool : chaque plateau refait, en petit, une distillation. Un plateau qui irait jusqu’à l’équilibre s’appelle un plateau théorique ; un plateau réel fait un peu moins.

Queues

La fin de la chauffe : les composés les moins volatils, alcools supérieurs et composés lourds. En tête de colonne, la température monte quand elles arrivent. Encore chargées d’alcool, nos queues repassent dans la chauffe suivante.

Rectification

La distillation par la colonne : plateau après plateau, la vapeur s’enrichit en alcool et le liquide redescend chargé d’eau. C’est la deuxième passe de notre alcool de base. Elle bute sur l’azéotrope, vers 97 % vol.

Reflux

La part des vapeurs que le déphlegmateur recondense en tête de colonne et renvoie sur les plateaux. Plus on en renvoie, plus l’alcool sort pur, et plus il sort lentement.

Repasse

Remettre à l’alambic un distillat déjà obtenu. Notre alcool de base est une repasse ; nos gins, notre absinthe et notre pastis en sont une autre, avec les plantes ; et les queues de chaque chauffe repassent dans la suivante.

Voir aussiPasseQueues

Shai-Hulud

Notre alambic n° 1, conçu et construit à l’atelier par David Garrigues, des plans aux soudures, et mis en service en août 2024. Il porte le nom du ver géant des sables de Dune, le roman de Frank Herbert, et lui ressemble en trois points : le ver craint l’eau, et l’alambic l’écarte de l’alcool ; le ver change une chose commune en la plus précieuse de toutes, l’épice, et l’alambic fait de bières passées de date notre alcool de base ; et tous deux sont imposants.

Têtes

Le début de la chauffe : les composés les plus volatils, comme l’acétaldéhyde, qui bout à 20 °C, et l’acétate d’éthyle, qui sent le dissolvant. Nous en fixons le volume d’avance selon la charge, et nous les écartons.

Volatilité

La facilité d’un corps à passer en vapeur. L’éthanol bout à 78,4 °C, l’eau à 100 °C, et leur mélange entre les deux. Dans un mélange, c’est la volatilité relative des composés qui décide de leur ordre de sortie, pas leur seul point d’ébullition.

02Du grain au chaiAvant et après l’alambic

Avant l’alambic, et après.

La matière qu’on y met, ce qui en sort, et ce qu’il devient jusqu’au flacon ou au fût.

Alcool de base

L’alcool que nous distillons nous-mêmes, quand la plupart des distilleries achètent un alcool neutre tout prêt. Il part de bières passées de leur date de durabilité minimale, et passe deux fois par la colonne. C’est la base de nos gins, de notre absinthe, de notre pastis et de nos liqueurs.

Anéthol

La molécule qui donne leur goût à l’anis vert, au fenouil et à la badiane. Très soluble dans l’alcool, il l’est très peu dans l’eau : c’est lui qui fait le louche de l’absinthe et du pastis.

Voir aussiLoucheApiacées

Brassin

Pour le brasseur, une fournée de bière. À l’alambic, le liquide fermenté que l’on distille : bière, mélasse ou poires fermentées, moût d’orge. Un brassin à 7 % vol bout vers 95 °C.

Brut d’alambic

Tel qu’il sort de l’alambic, sans eau ajoutée. Notre futur whisky a été entonné brut d’alambic.

Chai

Le lieu où les fûts vieillissent, à l’abri. C’est là que notre futur whisky est en élevage.

DDM

Date de durabilité minimale : le « à consommer de préférence avant » des étiquettes. Ce n’est pas une date limite : passé ce jour, une bière peut perdre de sa fraîcheur, sans danger pour qui la boit. C’est de bières passées de leur DDM que part notre alcool de base.

Voir aussiAlcool de base

Degré

Le titre alcoométrique volumique : le volume d’alcool pur contenu dans cent volumes du mélange, mesuré à 20 °C. Il s’écrit « % vol. » sur l’étiquette.

Eau-de-vie

Un spiritueux distillé à partir d’un fruit ou d’un autre produit agricole fermenté, dont il garde les arômes. La nôtre part de poires pressées et fermentées, et prend le col de cygne, en une seule passe.

Élevage

Le temps qu’un distillat passe en fût. Le bois lui cède couleur, tanins et arômes ; une part de l’alcool s’évapore à travers les douelles : c’est la « part des anges ».

Voir aussiFûtChaiWhisky

Entonnage

La mise en fût. Notre futur whisky a été entonné le 17 mars 2026, brut d’alambic.

Fermentation

Le travail des levures, qui changent les sucres en alcool et en gaz carbonique. Tout l’alcool que nous distillons vient de là : l’alambic ne fait que le séparer.

Fût

Un tonneau de bois, ici pour l’élevage. Celui de notre futur whisky est une barrique de chêne américain de 190 litres, qui a d’abord élevé notre imperial chocolate stout. En Europe, un whisky vieillit en fûts de 700 litres au plus.

Levure

Le champignon microscopique qui fait la fermentation. Pour notre futur whisky, ce sont des levures de bière, celles de notre métier de brasseur, plutôt que les levures de distillerie les plus courantes.

Voir aussiFermentation

Liqueur

Une boisson spiritueuse sucrée : en Europe, au moins 15 % vol. et, en règle générale, 100 grammes de sucre par litre. Les nôtres sont des macérations, dans notre alcool de base.

Louche

Le trouble blanc opalin qui naît quand on allonge d’eau une absinthe ou un pastis. Dans l’alcool fort, l’anéthol est dissous ; quand le degré baisse, il se sépare en gouttelettes si fines qu’elles diffusent la lumière.

Voir aussiAnéthol

Macération

Laisser des plantes ou des fruits dans l’alcool, pour qu’il en prenne les arômes. Chez nous, avant la troisième passe, les plantes macèrent dans la cuve ; après la distillation, une seconde macération donne sa couleur à l’absinthe, sans colorant ; nos liqueurs sont des macérations.

Malt

Une céréale mise à germer, puis séchée. La germination éveille les enzymes qui, au brassage, changeront l’amidon du grain en sucres. Notre futur whisky est fait d’orge maltée, seule.

Mélasse

Le sirop noir qui reste quand on a tiré le sucre cristallisé de la canne. Fermentée, elle fait notre rhum ; le rhum agricole, lui, part du jus de canne frais.

Moût

Le jus sucré obtenu en brassant le malt dans l’eau chaude. Le brasseur y ajoute le houblon ; celui de notre futur whisky est brassé sans houblon : seuls comptent les sucres du malt.

Réduction

Ramener un distillat au degré du flacon en lui ajoutant de l’eau, peu à peu. Chez nous, il repose ensuite quelques semaines avant la mise en bouteille.

Single malt

Un whisky d’une seule céréale, l’orge maltée, et d’une seule distillerie. Le nôtre est brassé, fermenté et distillé chez nous.

Voir aussiMaltWhisky

Whisky

En Europe, un distillat de céréales, distillé à moins de 94,8 % vol., vieilli au moins trois ans en fûts de bois de 700 litres au plus, et vendu à 40 % vol. au moins. Le nôtre, entonné le 17 mars 2026, n’en portera le nom qu’en mars 2029 au plus tôt.

03L’herbierBotanique

Les mots de l’herbier.

Les mots des planches de l’herbier, pour lire une plante comme un botaniste.

Akène

Un fruit sec, à une seule graine, qui ne s’ouvre pas. Les petits grains de la fraise sont ses vrais fruits, des akènes : la chair rouge est le réceptacle de la fleur, devenu charnu.

Voir aussiDrupe

Apiacées

La famille de l’anis vert, du fenouil et de la coriandre, qu’on appelait les ombellifères. Ce qu’on nomme leurs graines sont en fait des fruits secs, riches en essences.

Voir aussiOmbelleAnéthol

Cabosse

Le fruit du cacaoyer, qui pousse à même le tronc. Il renferme des dizaines de fèves dans une pulpe sucrée ; fermentées, séchées puis torréfiées, elles donnent le cacao.

Calice

L’ensemble des sépales, la collerette verte qui enveloppe la fleur en bouton. Chez l’hibiscus, il devient charnu et rouge après la floraison : c’est lui que l’on récolte, et lui qui donne la couleur.

Voir aussiInvolucre

Capitule

Des fleurs minuscules serrées sur un même plateau, qui imitent une seule fleur, comme chez la marguerite. Les absinthes en portent de tout petits, jaunâtres, en longues grappes.

Cyme

Une inflorescence où chaque axe se termine par une fleur et se ramifie sous elle. Le sureau porte ses petites fleurs crème en larges cymes plates.

Voir aussiOmbelle

Drupe

Un fruit charnu à noyau, comme la cerise. La framboise est un assemblage de minuscules drupes, les drupéoles ; la cerise du caféier en est une aussi, qui renferme deux grains.

Voir aussiAkène

Galbule

Le « fruit » du genévrier, qu’on appelle baie. Le genévrier est un conifère, et la galbule un petit cône aux écailles soudées et charnues ; il lui faut environ deux ans pour mûrir, du vert au bleu-noir, si bien qu’un même rameau porte des galbules vertes et mûres. Dans tous nos gins, le genièvre reste prépondérant.

Involucre

Une collerette de bractées, de petites feuilles, autour d’une fleur ou d’un fruit. Chez le noisetier, c’est la gaine dentelée qui enveloppe la noisette.

Voir aussiCalice

Lamiacées

La famille de la menthe, de la mélisse, de l’hysope, de la lavande, du thym, du romarin et du basilic : tiges carrées, feuilles opposées deux à deux, fleurs à deux lèvres, et des glandes à essence qui parfument la plante au moindre froissement.

Ombelle

Une inflorescence en parasol : des rayons partent d’un même point et portent chacun une fleur, ou une petite ombelle. C’est la fleur des apiacées.

Voir aussiApiacéesCyme

Opercule

Un couvercle. Le bouton de l’eucalyptus en porte un, fait de pièces de la fleur soudées, qui tombe à la floraison et libère les étamines : eucalyptus veut dire « bien couvert », en grec.

Voir aussiCalice

Partie aérienne

Tout ce qui pousse hors de terre : tiges, feuilles et fleurs. La grande et la petite absinthe s’emploient ainsi.

Rhizome

Une tige souterraine, qui court à l’horizontale et fait des racines. Ce que l’on appelle racine de gingembre ou de curcuma est un rhizome.

Sommité fleurie

L’extrémité d’une tige en fleurs, avec ses fleurs et ses dernières feuilles. C’est la partie de l’hysope que nous employons.

Zeste

La couche colorée de l’écorce des agrumes, où se logent les huiles essentielles : elles perlent quand on la plie. Dessous, la partie blanche, le ziste, est amère.